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Approchez, approchez, mesdames et messieurs,

Pendant un mois, la foire au renom national

Va exhiber son monstre le plus prestigieux,

Non pas l’homme à six pieds mais l’homme électoral !

 

Ne se ménageant pas, il pourchasse les voix

Et souille ses souliers sur les trottoirs crotteux

Un sourire angélique éclaire son minois

Quand au creux de ses bras pleure un bambin morveux.

 

Acrobate dans l’art d’éluder les questions,

Il essaie d’enjôler l’électeur indécis,

Lui jurant que son cœur est plein de compassion

Pour le riche aussi bien que pour le démuni !

 

Tous partis confondus, sa caractéristique,

Hormis le serre-mains et la langue de bois,

C’est qu’après être élu, il devient amnésique

Oubliant les serments serinés tant de fois.

 

Nos dirigeants sont forts car ils nous ont fait croire

Que nous étions vraiment le peuple souverain

Que nous pouvions changer le cours de notre histoire,

En glissant dans la fente un précieux bulletin.

 

Ce n'est pas en votant que le monde ouvrier

A pu s'enorgueillir de ses grandes conquêtes,

Mais en se révoltant contre les négriers,

Véritables tyrans qui saignent la planète !

 

Serons-nous à jamais les éternels cocus

Roulés dans la farine et bien contents de l’être,

Qui, trahis derechef, tendent leur cou tondu

A ceux qu’ils ont l’honneur de se choisir pour maîtres ?

 

 

 

Poisson-chat (11 mai 1997) 

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